L'automne et l'écho- Apollinaire

Publié le 27 Janvier 2013

Je suis soumis au chef du signe de l'automne

Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs

Je regrette chacun des baisers que je donne

Et je vis anxieux dans un concert d'odeurs

 

Mon automne éternel ô ma saison mentale

Les mains des amantes d'antan jonchent ton sol

Les fleurs ne laissent plus tomber aucun pétale

Les colombes le soir tentent un dernier vol

 

Or ma vie est debout sur un socle stylite

Vaine qui voit venir les foules que j'attends

Et vers elle souvent mon amante contrite

Vient murmurer L'amour est bleu couleur du temps

 

Moi je regarde les passants Leurs bouches sèches

Me disent leurs désirs au soleil embrasés

Tel qui songe à l'été voudrait mûrir les pêches

Et tel pour sa laideur demande des baisers

 

Je regarde et j'écoute et j'entends chaque plainte

Répétée et la plaine et les monts et les bois

S'éveillent et surpris moi je cherche une empreinte

Aux sites où riait l'imiteuse des voix

 

Puis lorsque j'ai trouvé la place tiède encore

Où je m'étends j'imite des cris incertains

Mais las sur ma clameur toujours la voix sonore

Et qui s'enfuit s'émeut en longs éclats lointains

 

Et je comprends alors O nymphe tu te moques

De ce que nous aimons les poètes et moi

Et je médite assis aux tragiques époques

Où les femmes toujours ont agi comme toi

 

Car Orphée fut tué par les femmes

Et Térambe invaincu rampe aux jardins d'été

Je déteste les fleurs parce qu'elles sont femmes

Et je souffre de voir partout leur nudité

 

Ma vie est recueillie en ma saison factice

Et je feins d'écouter la chute des fruits mûrs

Tandis qu'une araignée entre mes bras se tisse

La toile où tôt cherront les moucherons impurs.

Rédigé par Lennie C.

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Max 09/10/2013 22:37

il manque "je" au vers quatre entre "Et" et "vis"